L’HISTOIRE COMPLETE DU POLAR BRITANNIQUE DE 1913 A 2024 EN PLUS DE 1700 FILMS
Meurtres, secrets, complots : au cinéma, l’Angleterre n’a jamais cessé de réinventer le crime ! Depuis The Lodger (1927) d’Alfred Hitchcock jusqu’aux polars contemporains, en passant par le réalisme intransigeant de La Lampe bleue (1950) de Basil Dearden ou la férocité de La Loi du Milieu (1971) de Mike Hodges, le cinéma britannique a fait du meurtre un miroir de la société.
De tous les genres, le polar est devenu une obsession nationale : énigmes à la Agatha Christie, thrillers d’espionnage en pleine guerre froide, films de gangsters d’une brutalité fulgurante, chroniques urbaines rongées par la violence et les classes sociales. Le polar anglais s’impose comme l’un des genres les plus inventifs du XXᵉ et du XXIᵉ siècle. Ses réalisateurs et ses acteurs tels que James Mason, Dirk Bogarde ou Michael Caine – formés au théâtre shakespearien – ont façonné un territoire criminel d’une richesse inattendue, trop longtemps éclipsé par Hollywood et par l’ombre écrasante d’Hitchcock
Plongez dans un siècle de noirceur à l’anglaise, des œuvres culte aux trésors oubliés, en compagnie de Patrick Brion, formidable passeur à qui nous devons toutes et tous des pans entiers de notre amour pour le cinéma.
Le film policier a toujours été l’un des genres principaux de la production cinématographique britannique. Alors que le public anglais aime les comédies musicales, la production de films musicaux n’a jamais été aussi primordiale. Le cinéma d’aventures est resté marginal et le western (évidemment) absent. Souvent brimé par la censure, qui d’ailleurs interdisait une partie des films fantastiques hollywoodiens, leurs homologues britanniques ne sont apparus que plus tard. Restent alors deux genres qui se sont taillé la part du lion, la comédie et le film policier. Ce dernier bénéficiait alors du sens exceptionnel du souci réaliste et documentaire de certains cinéastes (The Blue Lamp) et de la volonté de ceux-ci de peindre la société britannique avec ses conventions, ses contradictions et ses évolutions.

Un siècle de Brith Film Noir se veut le plus complet possible, répertoriant aussi bien les films à énigmes (tendance Sherlock Holmes et Agatha Christie) que les films de gangsters, de plus en plus nombreux au fur et à mesure que la permissivité de la production l’a permis. Les films d’atmosphère – même sans un crime ! – y figurent aussi. Sur 692 pages, cette encyclopédie rassemble plus de 1700 longs-métrages de manière chronologique, avec pour chaque année un rappel des faits majeurs affectant la production anglaise.
L’apparition des fameux « quota quickies » en 1927 a contribué à un développement très important du nombre des films policiers tournés en quelques jours et avec des budgets réduits. Une production de films de série B, trop longtemps sans doute sous-estimés et dont plusieurs titres sont de qualité. L’exceptionnelle originalité des films policiers hollywoodiens a contribué à faire oublier cette production d’œuvres mineures mais souvent intéressantes.
De même, la splendeur des films anglais d’Alfred Hitchcock, dès l’admirable The Lodger, a elle aussi nui à une approche plus précise de la production d’œuvres policières britanniques. Les premiers films d’Anthony Asquith en ont souffert et plus tard, un petit maître comme Lance Comfort a ainsi vu plusieurs films curieux être complètement oubliés. On peut également au fil de ces années voir combien l’enfance, marquée par la pauvreté et la guerre, joue un rôle important et a donné à de jeunes comédiens des rôles exceptionnels.

Durant son évolution, le film policier britannique a suivi celle de la société anglaise et de l’histoire même du pays. Le film policier a ainsi participé à la dénonciation du péril nazi et on se souvient de la part très importante prise à Hollywood – à la demande précise du gouvernement britannique – par les producteurs, réalisateurs et acteurs anglais dans la dénonciation du danger hitlérien
Après avoir stigmatisé le Troisième Reich, la production anglaise a de même dénoncé l’espionnage venant de Russie. Alors même que le cinéma anglais a accueilli plusieurs cinéastes victimes de la chasse aux sorcières qui s’était abattue sur Hollywood (Joseph Losey, Jules Dassin, Cyril Raker Endfield, Carl Foreman), il a parallèlement stigmatisé (voir l’œuvre de John le Carré) la pénétration de l’espionnage soviétique au plus haut niveau des instances gouvernementales anglaises.

De même, les films anglais ont été parmi les premiers, grâce notamment à Basil Dearden, à parler ouvertement de l’homosexualité et des relations inter-raciales. Dès le début des années soixante-dix, le cinéma anglais, après avoir célébré le « Swinging London », ses jeunes filles et ses mini-jupes, a profité d’une certaine forme de libéralisation de la censure pour rendre compte (Get Carter / La Loi du milieu, Villain / Salaud, A Clockwork Orange / Orange mécanique) d’une société de plus en plus violente, celles des frères Krays et des hooligans. Aujourd’hui – et cela depuis quelques années – le cinéma anglais a sans doute perdu une partie de son originalité en raison de la part financière très importante prise par des financements américains.

Revoir le cinéma policier anglais c’est redécouvrir un genre prestigieux, d’Hitchcock à Basil Dearden, de John Guillermin à Lewis Gilbert, avec des acteurs exceptionnels, habitués à jouer au théâtre Shakespeare, Oscar Wilde et George Bernard Shaw et qui n’ont pas toujours ni à tout jamais été séduits par les sirènes hollywoodiennes : Ivor Novello, James Mason, Michael Caine, Jack Hawkins, Dirk Bogarde, Stanley Baker, Trevor Howard, Margaret Lockwood, Richard Burton et les autres…
L’auteur
Patrick Brion n’est pas seulement un de nos plus éminents historiens du cinéma, il est aussi créateur, cocréateur, programmateur et présentateur d’émissions culte qui ont permis à des générations successives de cinéphiles de se forger leur culture filmique. Il fonde le Ciné-Club de la Deuxième chaîne (qui ne s’appelle pas encore Antenne 2) dès 1971. Puis, lorsque FR3 est consacrée “chaîne du cinéma” à partir de 1975, il en assure la sélection des films, tout en créant Le Cinéma de minuit, incontournable rendez-vous hebdomadaire, qu’il a animé pendant 48 ans. Il est directeur éditorial de La Dernière séance, présenté par Eddy Mitchell, de 1982 à 1998. Il dirige également la collection Westerns de légendes chez nos camarades de Sidonis.
Infatigable explorateur des terres cinématographiques les plus éclectiques, Patrick est l’auteur de nombreux ouvrages de référence, qu’il s’agisse de ses genres de prédilection, tels que le western ou la comédie musicale, ou bien les dessins animés de Tex Avery.

Français











![Behind the Green Door, the erotic short story [FRENCH VERSION]](https://i0.wp.com/pulsestore.net/wp-content/uploads/2026/01/BTGD-Book-scaled.jpg?resize=247%2C300&ssl=1)
![Barbarians, de Conan à Musclor [FRENCH VERSION]](https://i0.wp.com/pulsestore.net/wp-content/uploads/2024/05/Barbarians-Book-Mockup-French-1.jpg?resize=247%2C300&ssl=1)


Reviews
There are no reviews yet.