PRÉCOMMANDE – LIVRAISON EN FEVRIER 2026

En 1972, Umberto Lenzi envoyait son personnage principal de journaliste dans Cannibalis, au pays de l’exorcisme / Il paese del sesso selvaggio dans un voyage au bout de l’enfer dans la jungle thaïlandaise, capturé par une tribu cannibale. Fortement inspiré par Un homme nommé cheval, ce film d’aventure exotique teinté d’horreur allait donner naissance à un genre en soi, qui sera essentiellement une spécialité italienne (il y a des gens qui mangent leurs semblables dans d’autres films, mais les films de cannibales sont l’apanage des réalisateurs italiens). Le Dernier monde cannibale (1977) de Ruggero Dedodato, Emanuelle et les derniers cannibales (1977) de Joe D’Amato et La Montagne du dieu cannibale (1978) de Sergio Martino en établissent les bases, avant que Cannibal Holocaust (1980) et La Secte des cannibales (1980) les propulsent au cœur de l’attention, au sein d’un cinéma populaire italien qui se sait déjà condamné.
Les films du « cycle cannibale » exploitent ce qu’ils dénoncent. Ils incarnent le problème qu’ils décrivent. Ils titillent les spectateurs tout en leur lançant un doigt accusateur qu’ils tournent rarement vers eux-mêmes. Le genre cannibale, comme le courant mondo qui l’a précédé, porte le sens de l’exploitation à un tout autre niveau, car il exploite non seulement les sources inépuisables que sont le sexe et la violence, mais aussi l’hypocrisie des valeurs occidentales, le tout dans un tourbillon de violence et de dépravation rarement effleuré par le cinéma grand public. Sans être les premiers à traiter de meurtres cruels, de violence infligée non seulement aux humains mais aux animaux, de viol, de racisme, et de bien d’autres atrocités encore, dont le cannibalisme n’est souvent pas ce qu’on y voit de pire, ces films ont franchi la plupart des limites qu’il était inconcevable alors de transgresser… dans une société italienne alors en proie à des déchirements intérieurs sanglants et à une violence politique inédite dans son histoire.

Si les années de plomb résonnent inéluctablement dans le genre cannibale, il y est aussi question de la mort d’un courant cinématographique, mais aussi, dans une perspective plus large, de l’effondrement de toute une industrie. Il revient sur la disparition d’une façon de concevoir le cinéma en toute liberté (parfois de manière toxique). Il s’attarde sur la fin d’une époque peuplée de figures depuis longtemps disparues, mais qui continuent de se quereller à travers des témoignages virulents, parfois d’une causticité mordante. Il n’y est ni plus ni moins question que du déclin funeste de la civilisation occidentale, une crise qui dure depuis longtemps.
Aujourd’hui, lorsqu’on regarde ces films, on peut les voir comme une tendance répugnante d’une époque révolue, ou comme un spectacle de divertissement extrême, conçu par les meilleurs professionnels italiens du moment. On peut les rejeter ou les accepter, mais n’oublions pas qu’ils sont bien plus proches de nous que nous aimons l’imaginer, non pas pour la rhétorique qui les alimente, mais pour la manière – consciente ou surtout inconsciente – dont ils reflètent les attitudes occidentales. Par leur cruauté et les contradictions morales qu’ils mettent en scène, certains films de cannibales – à commencer par Cannibal Holocaust – se sont révélés prophétiques, soulignant à quel point notre monde est devenu audiovisuel. « Je me filme, donc je suis, donc j’existe ».

Pour raconter comment ces films ont été conçus, produits, réalisés, brosser le contexte dans lequel ils ont vu le jour, Eugenio Ercolani a tout d’abord été rencontrer les cinéastes et leurs équipes. Il a rassemblé plus de 40 entretiens inédits ou réalisés pour l’occasion, avec Ruggero Deodato, Umberto Lenzi, Massimo Antonello Geleng, Sergio D’Offizi, Me Me Lai, Francesco Barilli, Ovidio G. Assonitis, Sergio Martino, Martin Goins, Claudio Morales, Mino Loy, Lamberto Bava, Federico Del Zoppo, Roberto Donati, Massimo Foschi, Fabrizio Merlo, Luigi Montefiori, Zora Kerova, Giovanni Lombardo Radice et bien d’autres.
Pour aller plus loin et vous donner matière à réflexion, Eugenio a fait appel à des expertes et experts de l’histoire du cinéma italien : Alessio Di Rocco, Andrea Meroni, Rachael Nisbit, Troy Howarth, Mike Foster, Merlyn Roberts et Giacomo Calzoni. Ensemble, ils ont fait le choix délibéré de laisser de côté toute posture morale, et de vous laisser à vous lecteurs ce qui est condamnable, en présentant tout, le bon comme le mauvais. Libre à vous de vous faire votre opinion, notamment sur les arguments avancés par les réalisateurs sur la mise à mort d’animaux. Que vous soyez fans du genre, ou mus par la curiosité, que vous vous délectiez des cruautés mises en scène dans ces films, ou que vous souhaitez braver l’appréhension qu’ils vous inspirent pour enfin les découvrir, ce livre vous offre une immersion complète et vous dévoile de nombreuses informations inédites, tout en en dissipant les mythes et légendes qui n’ont pas manqué de foisonner autour de ces films sulfureux.


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